LE CSP À L’ÉTÉ BRETON
Des CSPistes sur la route brumeuse de l’été breton.
Partis jeudi 31 octobre à 22h de Nantes, 9 CSPistes s'étaient lancés dans l'aventure de l'été breton avec l'objectif de rallier la mer finistérienne et de revenir à Nantes avant Dimanche 18h. Alors que certains n'avaient jamais expérimenté la très longue distance ou la nuit blanche sur le vélo, Boris, Éric, Géraldine, Guillaume, Luis, Marc, Thomas, Victor et Vincent ont fait preuve d'une magnifique cohésion pour rouler à 9 tout le long de leur aventure. Après 768km de paysages magnifiques et plus de 8000 mètres de dénivelé en trois jours et trois nuits, ils ramènent autant de souvenirs que de belles amitiés. Pour raconter leur périple, quoi de mieux qu'une interview croisée :
Vincent : Boris, pourquoi t'être inscrit à l'été breton ? Tu croyais vraiment qu'il y allait y avoir du soleil ?
Boris : On m’a certifié qu’il fait beau plusieurs fois par jour en Bretagne 😅 en vrai, je me suis fait engrainer par Guillaume qui lui-même s’était fait engrainer par Victor et j’avoue avoir été assez inquiet avant le départ vu la période de l’année et la quantité d’eau qui nous tombe dessus cette année.
Luis, d’où te vient ce talent pour trouver des hôtels aussi top ?
Luis : Je me suis laissé guider par l’odeur de noisette du beurre fondu le matin, la fraîcheur de l’air marin et l’inspiration que me procure cette belle région qu’est la Bretagne. Cela m’a permis de trouver un endroit tout juste sur la trace imposée tenu par des gens ultra généreux et aimables.
Victor, d’après ce que l’on s’était dit pendant les réunions d’organisation, l’idée de boucler cette épreuve tous ensemble de A à Z en étant tout le temps groupé n’était pas forcément le plan. Selon toi, qu’est-ce qui a permis/facilité le roulage et la cohésion d’un groupe de cyclistes qui ne se connaissaient pas forcément avant le départ et avec des niveaux différents ?
Victor : Je pense que le départ tout feu tout flamme avec musique celtique revisitée nous a bien motivé. Puis une première nuit froide et humide, dont quelques minutes allongées les uns à côté des autres à l’extérieur d’une salle des fêtes, nous a rendu inséparables. Nous n’avons même pas réussi à nous engueuler une seule fois ! Il s’agissait d’un groupe de gens chouettes conscients de vivre ensemble une sacrée aventure. Le CSP a montré une bien belle image de cohésion !
Guillaume toi qui n’avais jamais roulé aussi longtemps, ni une nuit entière, quels conseils donnerais-tu aux membres du club qui hésitent encore à se lancer dans de telles aventures ?
Guillaume : De ne pas trop stresser avant le départ, ce qui était mon cas, et avoir confiance en ses capacités, tout en se mettant vraiment en mode endurance et pas performance. En comptant aussi sur la garantie d'avoir avec le CSP un groupe mêlant bonne humeur, expérience, bienveillance et force de cohésion, et ne pas avoir honte de ses moments de faiblesse et fatigue notamment la nuit en communiquant au groupe pour faire une petite pause si besoin.
Géraldine tu es une des plus expérimentées du groupe en longue distance, comment as-tu vécu cette aventure bretonne dans un groupe de 9 par rapport à tes autres périples ?
Géraldine : La philosophie de l'été breton était de se faire plaisir et d'être à 100% en sécurité. Comme il s'agit de ma façon de rouler, c'était le bon gros point positif...parce que les loulous du groupe…😃😃 Non ! Je blague. Je retiens une très belle aventure vécue en temps réel, avec des copains comprenant/partageant ma passion. Les nuits en dures rendent les journées plus douces et faciles. La bonne entente et la cohésion ont fait défiler les km avec beaucoup de plaisir.
Thomas un petit mot sur les routes (ribines) bretonnes ?
Thomas : Pour répondre à cette question délicate diplomatiquement parlant vis à vis des Bretons et en ayant une pensée pour Boris, je dirais qu’il y en avait pour toutes les sections de pneus : quelques belles enrobées, plusieurs ribines enfeuillées et délicatement parfumées au lisier de cochon, pleins de C-roads bucoliques et heureusement très peu de grosses départementales. Cette trace était vraiment belle, les monts d’Arrée, le samedi matin sur la côte, le passage dans le vieux port d’Auray et la pente douce, raaaaah lovely !
Eric quels sont tes ressentis physiques et psychiques de cette nuit blanche suivie d’une journée le cul sur une selle ?
Éric : Ce n’était pas pour le fessier que c’était le plus dur mais ce n’était pas les 22 heures de roulage les plus faciles de ma vie. Le froid, l’humidité et la fatigue de la journée de voyage ont pesé mais l’émulation collective a fait le job et a réussi à me maintenir éveillé assez longtemps. Pour la journée, j’ai concentré mes efforts pour les points vers le MONT Saint-Michel (de Brasparts dans les monts d’Arrée) et c’est incroyable comme la simple idée de bonnes crêpes au beurre salé te font arriver à bon port ! Très fier de cette épopée collective !
Marc, on ne t’a pas vu une fois perdre ta bonne humeur (à part pour le GPS :D) y a-t-il eu un moment où t’as senti que tu atteignais tes limites physiques ?
Marc : On a tous été sondés sur notre état de forme à un moment du parcours… et c’est vrai que la note que j’ai donné à Vincent, le sondeur, était plutôt bonne ! Mais samedi matin après une première nuit blanche, ma note n’aurait pas été aussi optimiste ! Ce bon groupe a joué pour beaucoup dans la bonne humeur générale et personnelle ! En ajoutant la qualité de la trace et le temps plutôt clément … voilà ce qui nous a tous permis de performer sur cet Été Breton !
Parlons matériel, dans mon souvenir nous n’avons eu qu’une crevaison sur 9 montures et une transmission capricieuse … on a été gâté ! Vincent, comment bien préparer son vélo ? Quels matériels et accessoires sont nécessaires voire indispensables pour la longue distance selon toi ?
Vincent : Je ne crois pas qu’il y ait de bonnes ou de mauvaises préparations. Il faut surtout connaître son vélo et se sentir bien dessus. Pour autant je ne tente pas le diable et contrôle les freins, les pneus et vérifie que ma transmission est fluide. Côté matos, même quand je ne prévois pas de rouler de nuit : un harnais à haute visibilité et des éclairages, on ne sait jamais. Le reste c’est plus personnel : de quoi m’habiller de manière « à peu près » confortable dans toutes les conditions climatiques (t’es bien content d’avoir tes gants chauds quand le mercure passe de 35°c à 5° en plein mois d'août) et un combo duvet/bivy pour dormir n’importe où. Et LE truc ultime, le pouch bag ! Best of the best pour avoir ses sablés bretons ou kouign amann à portée de main et transformer une ligne droite plate et rébarbative en délice des papilles.
Merci à Nantes Peloton pour cette événement magnifiquement organisé.